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Accessibilité linguistique et proche aidance

Réduire les enjeux liés à la communication et améliorer l’accessibilité linguistique des services en santé et en services sociaux

Homme et femme qui se serrent et qui discutent. Ils parlent une langue étrangère.

Les barrières de communication et d’accessibilité linguistique sont des enjeux majeurs dans l’accès et l’utilisation des soins et des services publics au Québec. Pour les personnes proches aidantes appartenant à une minorité linguistique, ces obstacles entraînent des conséquences concrètes tant sur leur capacité à prendre soin de leur proche que sur la possibilité d’obtenir du soutien.  

Thème 1

Les différentes manifestations des barrières linguistiques

Enjeux documentés

En contexte de proche aidance, des barrières linguistiques peuvent apparaitre à plusieurs niveaux :

Accès à l’information  Les renseignements sur les services et les droits des usager·ère·s sont souvent disponibles uniquement en français. 
  • Ces informations sont essentielles pour prendre des décisions éclairées par rapport aux diagnostics, aux traitements et aux options de soutien disponibles. 
  • En leur absence, cela peut se traduire en une incapacité à participer pleinement aux décisions qui les concernent, ainsi que celles touchant leurs proches. 
Disponibilité des concepts et du vocabulaire  La notion de proche aidance n’a pas toujours d’équivalent, ce qui peut complexifier la compréhension du rôle.
Certains termes liés à la proche aidance n’existent pas dans toutes les langues ou sont difficiles à traduire.
Des professions, comme travailleur·euse social·e, n’ont pas d’équivalent clair. 
Interactions sociales  Des compétences linguistiques limitées peuvent entraîner des malentendus et nuire à la qualité de l’accompagnement, du lien de confiance et de la communication. 
Facteurs contextuels  Même si la personne a des compétences en français, certaines conditions ou certains contextes peuvent influencer sa capacité à comprendre ou à assimiler les informations tel que : les accents, les situations de stress, les situations de vulnérabilité ou émotionnellement chargées. 

Face à ces barrières, les personnes proches aidantes doivent parfois :

  • Agir comme interprètes informels pour leurs proches 
  • Chercher des services de moindre qualité ou privés 
  • Renoncer à demander de l’aide 
  • Dépendre de la bonne volonté du personnel ou d’un·e interprète formel·le pour recevoir les services 
  • Utiliser des applications numériques pour communiquer 
  • Consacrer beaucoup de temps à traduire documents et informations 
  • Se déplacer davantage pour trouver des services dans leur langue  

Ne pas pouvoir s’exprimer pleinement en français peut faire en sorte que la personne ne reçoive pas les services nécessaires, qu’ils soient de moindre qualité ou que l’accès soit retardé. Ces conséquences peuvent toucher autant la personne proche aidante que la personne accompagnée.

Troubles neurocognitifs et barrières linguistiques

Si les barrières linguistiques peuvent survenir dans une multitude de situations, certains contextes les rendent particulièrement complexes, notamment lorsqu’ils touchent à l’état de santé de la personne aidée ou aux capacités de la personne proche aidante.

Les troubles neurocognitifs illustrent bien cette réalité : en affectant les fonctions cognitives, ils viennent se superposer aux difficultés linguistiques déjà présentes et en accentuent considérablement les effets.

Découvrir la situation de Mei et les enjeux auxquels elle fait face

Samson, M-E., Le Gall, J., Pinchinat Jean-Charles, K., … et Johnson-Lafleur, J. (2024). Les expériences de personnes appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire qui prennent soin d’un·e proche au Québec. Institut universitaire SHERPA. Consulter.

Thème 2

L’accessibilité linguistique des services au Québec

Comprendre l’information, pouvoir s’exprimer et être réellement entendu·e influencent directement la satisfaction des usager·ère·s et la qualité des interventions.

Ce que la loi en dit

La Loi sur la gouvernance du système de santé et des services sociaux (2023) reconnaît le droit des personnes d’expression anglaise à recevoir des services dans leur langue.

  • Plusieurs établissements ont par ailleurs été désignés comme offrant majoritairement leurs services à des personnes d’expression anglaise.

La loi souligne aussi l’importance d’adapter les services aux réalités linguistiques, culturelles et ethnoculturelles des communautés desservies 

Les principes établis dans ces textes soutiennent une pratique qui : 

  • Facilite un accès linguistique de qualité 
  • Renforce la sécurité et l’efficacité des interventions  
  • Favorise une meilleure participation et le consentement éclairé aux traitements  
  • Valorise la diversité des usager·ère·s  
  • Garantit les droits de l’ensemble des Québécois·e·s et les conditions favorables d’accessibilité à la prestation de services 

Le recours à l’interprétation professionnelle s’inscrit donc pleinement dans la mission de fournir des services respectueux, équitables et sécuritaires à toutes et tous. 

Une personne usagère est dans son droit de déposer une plainte si elle pense que ses droits linguistiques n’ont pas été respectés. Cette plainte peut également être déposée par une autre personne en son nom.

Pour mieux comprendre le processus, consulter Educaloi. 

Les réalités des minorités linguistiques sur le terrain

Au Québec, les personnes appartenant à une minorité linguistique font face à plusieurs enjeux de précarité et d’inégalités de santé. Les personnes immigrantes et/ou racisées sont également surreprésentées au sein de ces groupes. 

De nombreuses personnes proches aidantes de ces groupes rencontrent encore des obstacles importants pour accéder à des services dans leur langue : 

  • Le fait de ne pas être comprises peut entraîner un sentiment d’humiliation et un risque de marginalisation ou d’isolement
  • Certaines personnes peuvent également se sentir jugées et avoir le sentiment de ne pas être à la hauteur dans leur rôle de personne proche aidante
  • D’autres sont contraintes de rester impliquées auprès de leurs proches ou d’assumer plus de responsabilités, lorsqu’ils se font refuser des services dans leur langue et on besoin de la personne proche aidante pour traduire

Mon français il était, too bad, je ne parlais pas français comme il faut, il fallait que je réfléchisse, des fois même, j’écrivais mes phrases avant de parler au téléphone. […] Donc, j’avais de la misère au niveau de la communication et j’avais de la misère au niveau de la confiance en moi aussi. Arrivée ici puis tu n’as pas de famille, dans la maladie tu perds tes repères, c’est très compliqué, puis il faut que tu t’intègres, tu ne comprends pas […] : “Est-ce que ça se fait, est-ce que si je demande ça, ça se fait? Ça se dit? C’est la bonne façon?”, tu es toujours dans le questionnement.

Malgré l’existence de droits et de mécanismes formels des refus de services persistent et l’accès à des interprètes n’est pas toujours évident. Cela est parfois lié à une méconnaissance, un manque d’appropriation ou une diffusion insuffisante de la législation dans certains établissements du RSSS.

La continuité des services demeure particulièrement difficile à assurer, notamment en région. 

Thème 3

L’interprétariat en contexte de proche aidance

Il existe plusieurs façons d’assurer l’interprétariat, notamment l’interprétariat formel (ou professionnel) et l’interprétariat informel 

  • L’interprétariat formel est assuré par des professionnel·le·s formé·e·s, capables de traduire fidèlement l’information tout en respectant la confidentialité des personnes impliquées. 
  • L’interprétariat informel, souvent assuré par un·e proche ou un·e ami·e, peut dépanner, mais comporte des risques. Il peut parfois être offert par un membre des équipes de santé, qui parle la langue de la personne usagère sans avoir été formé pour effectuer ce travail. 

L’interprétariat formel

L’interprétariat formel et professionnel s’avère nécessaire dans plusieurs situations dont la santé l’exigence, notamment :

L’historique médical, l’évaluation et le triage dans une urgence 
Le diagnostic, le pronostic, le plan de traitement et le plan de soins 
Les séances d’information ou d’éducation en lien avec la santé
Les interventions psychosociales ou en santé mentale 
La compréhension devant une prise de médication, la posologie et les effets secondaires possibles  
Les situations de fin de vie et les décisions qui y sont associées  

Ces situations sont fréquentes en contexte de proche aidance.

Toutefois, l’accès à l’interprétation n’est pas seulement une question de disponibilité. Certains biais involontaires peuvent influencer la décision de faire appel ou non à un·e interprète. Par exemple, lorsqu’un·e usager·ère comprend « un peu » le français, on peut avoir l’impression qu’il ou elle pourra suivre la conversation.  

Face à une situation de vulnérabilité, une personne qui connait le français pourrait tout de même avoir besoin de communiquer dans sa langue maternelle. 

À l’inverse, lorsqu’une personne ne parle pas du tout français, la barrière linguistique est immédiatement visible. Les intervenant·e·s sont alors plus susceptibles de reconnaître le besoin et d’activer rapidement l’interprétation formelle. 

L’interprétariat informel

Le rôle d’interprète informel·le est une réalité quotidienne pour de nombreuses personnes proches aidantes. Dans ces cas, chaque rendez-vous médical devient un exercice de débrouillardise. Certaines tentent d’assurer une présence constante auprès de leur proche pour assurer la communication avec l’équipe de professionnel·le·s.  

Pour les personnes proches aidantes, tenir ce rôle d’interprète peut aussi invisibiliser toutes leurs autres responsabilités envers leur proche, ce qui nuit au développement d’un réel partenariat.

Les principaux enjeux de l’interprétariat informel

  • Ces personnes ne sont pas formées pour traduire des termes médicaux complexes
  • Il existe des enjeux de confidentialité, en particulier dans les situations délicates
  • La pratique peut compromettre le consentement éclairé de la personne aidée
  • Certaines personnes proches aidantes peuvent choisir de ne pas tout traduire pour protéger les personnes aidées ou ne pas brusquer leurs proches avec des informations considérées comme délicates ou négatives
  • Les personnes aidées peuvent être moins à l’aise de divulguer certaines informations en présence des proches qui sont là pour interpréter
  • Cela peut mener à des erreurs de médication, à une mauvaise compréhension des traitements, ou compromettre le consentement éclairé des proches aidant·e·s et des personnes aidées
  • Cela peut aussi nuire à la relation de soutien entre les proches aidant·e·s et leurs proches
  • Les proches aidant·e·s peuvent être de jeunes proches aidant·e·s, et peuvent ainsi être exposé·e·s à des contenus sensibles inadaptés à leur âge

L’interprétariat informel par un·e proche est à éviter, surtout s’il s’agit de jeunes proches aidant·e·s. Il est important d’être conscient·e des limites de cette pratique et surtout du fardeau qu’elle ajoute sur les épaules des personnes proches aidantes.  

Les erreurs en interprétation informelle peuvent toucher jusqu’à une interaction sur deux.

L’absence d’interprétariat formel peut aussi conduire à des erreurs médicales.  

  • Samson, M-E., Le Gall, J., Pinchinat Jean-Charles, K., … et Johnson-Lafleur, J. (2024). Les expériences de personnes appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire qui prennent soin d’un·e proche au Québec. Institut universitaire SHERPA. Consulter.
  • Gouvernement du Québec (2023). Services aux personnes issues des communautés ethnoculturelles. Gouvernement du Québec. Consulté le 15 novembre 2025.  Consulter. 
  • Kosseim, M. (2016)Les services d’interprétation en langue anglaise pour améliorer l’accès des personnes issues des communautés d’expression anglaise du Québec aux services de santé et aux services sociaux dans leur langue.  Réseau communautaire de la santé et des services so ciaux (CHSSN), Santé Canada. Consulter.  
Thème 4

Soutenir l’accessibilité en tant que professionnel·le

Avant toute chose, il est important d’évaluer les capacités linguistiques de la personne aidée ET de ses proches. Cette évaluation doit se faire indépendamment pour chacun·e.

Déterminer les besoins linguistiques des personnes

Il est d’abord important de déterminer si la personne proche aidante et la personne aidée comprennent bien les informations partagées sur les soins, les suivis et les décisions ou si la langue constitue un obstacle. Un simple échange peut suffire à repérer un besoin :  

« Quelle langue utilisez-vous habituellement pour parler de santé? »  

« Est-ce que vous vous sentez à l’aise de parler et de comprendre le français/l’anglais dans un contexte de soins? » 

Si la personne n’est pas à l’aise d’utiliser le français ou l’anglais pour parler de sa santé ou de celle du ou de la proche, il est préférable de faire appel à un·e interprète professionnel·le.  

Lorsque des personnes proches aidantes maîtrisant bien le français agissent comme interprètes de manière informelle, il est essentiel de clarifier leur rôle et leurs préférences : 

  • Sont-elles présentes pour accompagner la personne aidée ou uniquement pour traduire/interpréter? 
  • Souhaiteraient-elles être libérées de ce rôle pour mieux se concentrer sur leurs autres responsabilités? 
  • Leur présence facilite-t-elle ou freine-t-elle la communication et la divulgation d’informations par la personne aidée? 
  • Ont-elles besoin d’accéder à des ressources ou documents dans une langue spécifique? 
  • Faut-il ajouter une note au dossier de la personne aidée pour signaler le besoin d’interprétariat? 
Qui contacter pour obtenir du soutien ou trouver une ressource?

Dans un premier temps, consulter son ou sa gestionnaire pour mieux comprendre les processus en place au sein de votre équipe ou établissement.  

Selon le contexte local et la nature de la demande, plusieurs ressources peuvent également être utiles : 

Bonnes pratiques

Plusieurs pratiques peuvent soutenir une meilleure accessibilité des interventions et des services. Elles doivent être adaptées et mises en oeuvres selon le contexte et les besoins des personnes accompagnées.

Les établissements ont la responsabilité d’informer l’usager·ère et ses proches de la possibilité d’avoir accès gratuitement et confidentiellement à des services d’interprétariat formel.  

« Saviez-vous qu’il est possible d’avoir un·e interprète pour faciliter nos échanges, sans frais pour vous? »  

Même si les personnes semblent comprendre ou parler le français ou l’anglais, il est important de ne pas présumer de son aisance dans des situations complexes ou émotionnellement chargées. Il est aussi important d’expliquer les avantages de l’interprétation professionnelle : confidentialité, précision, confort et meilleure collaboration. 

En bref, faire appel à un·e interprète peut : 

  • Libérer la personne proche aidante d’une double charge (accompagnement et interprétariat) 
  • Renforcer le lien de confiance avec l’établissement et ses professionnel·le· 
  • Offrir un espace où chacun.e peut s’exprimer dans ses propres mots 
  • Favoriser la participation des proches aidant·e·s dans les décisions et faciliter le partenariat entre les usager·ère·s, leurs proches et les professionnel·le·s en santé et en services sociaux 
  • Réduire les actions ou propos culturellement inappropriés et clarifier les incompréhensions des deux côtés 
  • Contextualiser les informations transmises dans un contexte proche de celui de la culture des personnes 

Même si l’intervention semble s’allonger avec l’interprétariat, c’est souvent un gain réel : 

  • Une évaluation complète et un bon diagnostic préviennent des suivis multiples, des réévaluations inutiles et des traitements inadaptés 
  • Une meilleure orientation vers les services dès le départ réduit la charge administrative, les aller-retour entre services et augmente l’efficacité du RSSS 
  • Un choix efficient, tant pour la personne soignée que pour le RSSS, puisqu’il contribue à améliorer la qualité des soins tout en favorisant une utilisation optimale des ressources 
Choisir l’interprète
  • Le genre de l’interprète peut influencer le confort et la satisfaction de l’usager·ère, particulièrement lorsqu’il est question de sujets sensibles 
  • Un lien de confiance entre l’interprète et l’usager·ère favorise une communication plus fluide et un meilleur engagement dans les soins 
  • Malgré une langue commune, l’interprète et la personne usagère ne partagent pas nécessairement la même culture, les mêmes valeurs ou les mêmes croyances 

 

Modalités d’interprétation 
  • L’interprétation par téléphone ou virtuelle peut être utile pour des situations rapides ou non planifiées 
  • Elle comporte toutefois certaines limites : elle peut modifier la dynamique relationnelle et entraîner une perte d’informations non verbales (gestuelle, émotions, nuances) 
  • Lorsque la situation implique des émotions fortes, des décisions complexes ou un contexte délicat, l’interprétation en personne est préférable dans la mesure du possible 
Présence des proches aidant·e·s lors de l’interprétation 

Si les proches sont présent·e·s pour soutenir la personne aidée, il est important de clarifier leur rôle dès le départ : 

  • Discuter avec la personne aidée pour savoir si elle préfère que le ou la proche soit présent·e ou souhaite parler directement via l’interprète 
  • Demander à la personne proche aidante si elle souhaite être présente pour comprendre directement ou pour apporter un soutien émotionnel 
  • S’assurer que la confidentialité et le consentement de tous et toutes soient respectés lors de ces échanges 

Si jamais il n’est pas possible de trouver un·e interprète professionnel·le, d’autres solutions doivent être envisagées avant de recourir à l’interprétariat par les proches et la famille. Par exemple, un·e représentant·e communautaire en qui la famille ou l’usager·ère a confiance peut agir comme intermédiaire.  

Il se peut que l’usager·ère refuse un·e interprète ou que cette personne ne soit pas disponible.  

  • S’il s’agit d’un refus : essayer de comprendre les raisons du refus. Le refus vient-il de la personne suivie ou de la personne qui l’accompagne? 
  • S’il y a un enjeu de disponibilité : 
    • Reporter le rendez-vous au besoin  
    • Lors du prochain rendez-vous avec l’interprète, repasser sur les informations importantes de la rencontre précédente  
    • Explorer d’autres services au sein de l’organisation qui puissent offrir une aide complémentaire 

Dans tous les cas, rappeler à la personne qu’elle a droit aux services d’un·e interprète formel·le et que si elle change d’idée, elle peut demander ce service lors de prochains rendez-vous.

Quelques pistes pour faciliter la communication dans ces contextes :

Langage et communication
  • Utiliser un langage simple, des phrases courtes et éviter le jargon médical 
  • Parler lentement, faire des pauses et poser des questions fermées (oui/non, choix simples)
  • Demander souvent à la personne aidante et/ou à l’usager·ère de reformuler ce qu’ils ou elles ont compris
  • Répéter ou reformuler l’information avec des mots différents
Supports visuels et écrits 
  • Utiliser des images, pictogrammes, schémas ou démonstrations pour illustrer les soins ou les démarches
  • Écrire les mots clés ou instructions importantes, éventuellement traduits dans la langue de la personne 
  • Fournir des documents ou guides traduits sur les services, droits et ressources pour personnes proches aidantes 
  • Limiter l’information à l’essentiel pour éviter de surcharger la personne 
Outils numériques 
  • Utiliser des applications de traduction fiables avec prudence, surtout pour les informations sensibles 
  • Vérifier s’il existe de la documentation sur les impacts (positifs et négatifs) de l’utilisation de ces outils  
  • Vérifier si ces outils respectent les normes de confidentialité et de protection des renseignements personnels prévues par la politique de l’établissement 
  • Vérifier le niveau de littératie numérique de la personne proche aidante et de la personne aidée 
Pratiques d’accompagnement 
  • Inclure la personne aidée et le ou la proche dans les échanges écrits selon ce qui a été décidé 
  • Pour les informations importantes, prévoir un autre rendez-vous si nécessaire pour répéter et confirmer la compréhension 
  • S’adresser directement à la personne aidée, tout en reconnaissant le rôle de la personne proche aidante 
  • Encourager les personnes à noter leurs questions à l’avance pour les discussions avec les intervenant·es 
  • Utiliser des démonstrations pratiques pour expliquer les soins ou les équipements 
  • Bentayeb, N.; Leclair Mallette, I-A., Ruiz-Casares, M.; Guériton, M.; Maltais, C.; Briand-Lamarche, M.; Leanza, Y. (2021). Linguistic diversity and interpretation in health and social services interventions: A systematic review of reviews. 
  • Briand-Lamarche, M., Maltais, C., et Guériton, M. (2017). L’interprétariat en tant que mode d’intervention en santé et en services sociaux. Rapport d’ETMI. Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé et services sociaux CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. Consulter.  
  • Li, H. (2025). Recours à des interprètes dans les établissements de soins de santé. Les soins aux enfants néo-canadiens. Société canadienne de pédiatrie. Consulter. 
  • Bourjolly, L., Chu, A., Duchesne, S., Gagnon, M.M. et Guindon, A. (2025). Trousse Horizons. Institut universitaire SHERPA et Centre d’expertise sur le bien-être et l’état de santé physique des réfugiés et des demandeurs d’asile. CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. https://troussehorizons.ca/ 

 

Thème 5

Ressources multilingues

Les ressources multilingues représentent un levier important pour soutenir l’accès à l’information et aux soins, lorsque la langue est un obstacle à la compréhension et à la communication. 

Ces ressources regroupent des outils et des documents traduits en plusieurs langues, conçus pour :  

  • Faciliter les échanges avec les usager·ère·s 
  • Les informer sur différentes conditions de santé, traitements, parcours de soins 
  • Les informer sur leurs droits ainsi que sur les ressources disponibles  

En l’absence d’un·e interprète ou de documents traduits officiellement par l’établissement de santé, ces ressources peuvent offrir un appui complémentaire aux interventions et contribuer à une meilleure compréhension mutuelle entre les personnes soignantes, les usager·ère·s et leurs proches.

Elles ne remplacent toutefois pas les services d’interprétariat professionnel, lorsqu’ils sont requis. 

  • Le guide Dialoguer avec des images offre plus d’une centaine de pictogrammes pour faciliter l’entretien d’accueil par les professionnel·le·s de la santé et psychosociaux. (Source : LADAPT) 
  • Les cartes-repères offrent des pictogrammes dans 11 catégories, dont : les gestes de la vie courante, les objets, les religions, l’échelle de douleur, etc. pouvant être utilisés pour créer des tableaux de communication entre les professionnel·le·s, les usager·ère·s et leurs proches. Ces cartes sont disponibles dans plus de 60 langues (avec l’anglais comme langue de référence). (Source : Eastern Health, Australie) 
  • Le guide Communication Kit for Patients, Families and Health Providers fournit des recommandations pour créer un cadre de communication incluant des pictogrammes dans les milieux de soins de santé. (Source : Alberta Health Services) 

LexiGo Santé est un lexique de santé français-anglais en ligne. (Source: Santé en français)

  • Embrace Multicultural Mental Health propose des fiches d’information sur la santé mentale et le bien-être dans plus de 15 langues. (Source : Embrace Multicultural Mental Health, financé par le Gouvernement australien) 
  • Le répertoire Health Information Translations permet d’accéder à plus de 2 800 ressources multilingues sur des thèmes liés à la santé et au bien-être, disponibles dans plus de 15 langues. (Source : Central Ohio Hospital Council, en partenariat avec d’autres organisations de santé) 
  • La plateforme EthnoMed contient de l’information sur les croyances culturelles, les enjeux médicaux ainsi que sur des sujets liés aux soins de santé offerts aux personnes issues de différentes cultures. Il offre aussi certaines ressources traduites. (Source : Harboview Medical Center de l’Université de Washington)
  • Un dépliant pour informer et sensibiliser les personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires est disponible dans 7 langues (Source : Institut universitaire SHERPA) :  
  • Proche aidance Québec propose plusieurs dépliants sur la conciliation en emploi et l’accès aux prestations de compassion en quatre langues (anglais, français, espagnol et arabe). 
  • Le guide Troubles neurocognitifs, votre guide d’accompagnement, produit par le Programme de formation sur les troubles neurocognitifs de l’Université McGill, est disponible dans 14 langues et offre de l’information pour les personnes atteintes, mais aussi leurs proches. 

Des affiches ou des supports visuels peuvent être utilisés pour faciliter l’identification des besoins linguistiques et la demande d’un·e interprète, tant par les personnes usagères que par les professionnel·le·s. Voici quelques exemples d’outils développés par le gouvernement du Queensland en Australie : 

  • Le catalogue Ressources multilingues en santé permet de trouver de nombreuses ressources, notamment sur les informations de santé, plusieurs outils de communication ou de bonnes pratiques. (Source : Centre universitaire de santé McGill) 

Plusieurs outils permettent d’identifier des organismes qui offrent des services en anglais ou dans d’autres langues dans différentes régions du Québec :  

  1. Les cartes d’organismes et d’initiatives du CHSSN permettent d’identifier les organismes faisant partie de l’Initiative de réseautage et de partenariat (NPI) ainsi que les organismes offrant des services en anglais pour les personnes aînées et pour la santé mentale des jeunes. 
  2. La Carte recherche de services pour aînés de Aînés Action Québec s’adresse aux personnes aînées ou personnes cherchant à trouver des services.
  3. Plusieurs répertoires permettent d’identifier les organismes offrant des services pour ces populations, dont le répertoire des organismes ressources qui interviennent auprès des personnes issues de l’immigration à l’échelle du Québec. 
  4. Certains établissements de Montréal offrent des services de santé dans d’autres langues : Hôpital chinois de Montréal : chinois ou autres langues d’Asie de l’Est; Hôpital Santa Cabrini : italien; CHSLD Dante : italien; CHSLD Polonais Marie-Curie Sklodowska : polonais ou autres langues slaves. 

La trousse en ligne Info bien-être vise à soutenir le bien-être des personnes nouvellement arrivées ou sur le point d’arriver au Québec.

Cette trousse a pour objectif d’informer et de sensibiliser les personnes immigrantes et réfugiées quant aux défis pouvant être vécus durant le processus de migration, de même qu’aux enjeux de santé mentale pouvant en découler.

Info Bien-être se veut également un outil de référence et de soutien pour les personnes intervenantes de divers milieux appelées à accompagner les personnes immigrantes et réfugiées.

  • Elle est disponible en français et en anglais, ainsi que dans d’autres langues en utilisant l’option Google traduction. Des synthèses sont également disponibles (et à venir) dans plusieurs langues.

Points de vigilance

  • Plusieurs de ces ressources sont hébergées sur des sites en anglais, même si les documents qu’elles proposent sont disponibles dans de nombreuses langues.  
  • Nous ne sommes pas responsables de la disponibilité des services offerts au sein de ces ressources ni de leur exactitude.  
  • Il est important de rappeler aux usager·ère·s et à leurs proches que les informations présentées dans ces ressources sont fournies à des fins éducatives et ne peuvent pas remplacer les conseils ou instructions des professionnel·le·s. 

IntérogationÀ retenir

Les barrières linguistiques ne sont pas qu’un inconvénient, elles ont des conséquences réelles sur la qualité des soins et sur le bien-être des personnes proches aidantes.

Ce qu’il faut garder en tête :
  • La langue peut devenir un obstacle à chaque étape : comprendre un diagnostic, signer un consentement, suivre un traitement, demander de l’aide.
  • Une personne qui « se débrouille » en français peut quand même avoir besoin d’un interprète, surtout dans les moments de stress ou de vulnérabilité.
  • Assumer le rôle d’interprète en plus de celui de proche aidant·e ajoute une charge supplémentaire sur leurs épaules et comporte des risques sérieux : erreurs, atteinte à la confidentialité, consentement compromis. Les erreurs surviennent dans près d’une interaction sur deux.
Réduire les barrières linguistiques :
  • Évaluer les besoins linguistiques de chaque personne, aidée ET proche aidante, de façon indépendante, sans présumer de leur aisance.
  • Nommer la possibilité d’un·e interprète professionnel·le, systématiquement et même quand la personne essaye se débrouiller.
  • Clarifier le rôle de la personne proche aidante présente : est-elle là pour accompagner ou pour traduire? Quels sont ses besoins?
  • Connaître les ressources disponibles dans votre milieu et les mobiliser : banque d’interprètes, organismes communautaires, documents multilingues.