Explorer les conditions gagnantes pour l’accompagnement des personnes proches aidantes dans une démarche partenariale

L’interaction entre les personnes proches aidantes issues de groupes ethnoculturels minoritaires et les services publics repose sur une rencontre entre deux univers : celui des parcours de vie, marqués par la migration, les cultures familiales, la diversité linguistique et culturelle, et celui des institutions, régies par des normes, des règles et cultures qui leurs sont propres.
Pour que cette rencontre soit fructueuse, certaines conditions doivent être réunies. Il ne suffit pas seulement d’assurer l’accès aux services aux personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels. Il faut également assurer un véritable partenariat fondé sur la confiance, la compréhension mutuelle et l’adaptation réciproque.
Rappel : Au sein du réseau de la santé et des services sociaux, le cadre de référence Reconnaître les personnes proches aidantes comme partenaires pour mieux les soutenir vise à favoriser un accompagnement des personnes proches aidantes dans une approche de partenariat afin de soutenir la prise de décision et de favoriser des interventions plus adaptées et respectueuses.
Reconnaître et repérer de manière proactive
Pourquoi est-ce important?
Au Québec, le fait d’être reconnu∙e comme personne proche aidante facilite l’accès à certains services et ressources spécifiquement mis sur pied pour les personnes qui accompagnent leur proche.
Sans obliger quiconque à se reconnaître dans le terme « personne proche aidante », il est possible de :
- Sensibiliser les personnes qui accompagnent un·e proche à l’utilisation de ce terme dans le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que dans d’autres ressources et services
- Accompagner les personnes dans les démarches de demande de services même si elles ne se reconnaissent pas automatiquement comme des personnes proches aidantes
Le repérage, quant à lui, consiste à mettre en place des actions pour identifier de manière proactive les personnes proches aidantes, y compris celles qui ne se reconnaissent pas spontanément dans ce rôle afin de mieux les accompagner dans leur trajectoire de soins.
Ces actions s’inscrivent pleinement dans l’esprit du Cadre de référence de l’approche de partenariat entre les usagers, leurs proches et les acteurs en santé et en services sociaux du MSSS.
L’approche partenariale représente une avancée importante, mais sa mise en œuvre reste inégale.
Les intentions partenariales ne suffisent pas à effacer des rapports de pouvoir bien ancrés entre professionnel∙le∙s et personnes proches aidantes. Des rapports qui sont d’autant plus marqués lorsque celles-ci appartiennent à un groupe ethnoculturel minoritaire.
Le manque de temps, les situations de tension ou les moments de prise de décision sont autant de contextes où la parole de ces personnes risque d’être minimisée, voire écartée.
Repères et pistes pour l’intervention
Les outils suivants proposent des repères complémentaires pour mieux comprendre et faciliter la reconnaissance et le repérage des personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires.
Reconnaissance institutionnelle de la proche aidance
Découvrir le cadre québécois de la reconnaissance des personnes proches aidantes et mieux comprendre les responsabilités des institutions et des intervenant·e·s pour la faciliter.
Enjeux et bonnes pratiques de l’(auto)reconnaissance sur le terrain
Comprendre pourquoi l’(auto)reconnaissance de la proche aidance peut être complexe et découvrir des pratiques pour soutenir les PPA de groupes ethnoculturels.
Questionnaire de repérage
Outil offrant un cadre et des questions pour faciliter l’identification des personnes proches aidantes immigrantes au sein des organisations. Developpé principalement pour les organismes qui oeuvrent en intégration des personnes immigrantes.
Instaurer et maintenir une relation de confiance
Améliorer les perceptions du système et la confidentialité
Dans un contexte d’intervention, et plus largement d’utilisation des services publics, la confidentialité des interactions est une préoccupation centrale pour les personnes proches aidantes issues de groupes ethnoculturels minoritaires.
De nombreuses craintes sont soulevées par ces personnes :
- Des personnes avec des statuts d’immigration précaire craignent que leurs informations soient transmises à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC)
- Des mères monoparentales redoutent de perdre la garde de leur enfant si elles demandent de l’aide
- Des personnes cherchant un soutien psychosocial reçoivent plutôt une évaluation de leur milieu de vie et de leurs enfants
- Des personnes souffrant de problèmes de santé mentale se retiennent de demander de l’aide de peur d’être stigmatisées
Qu’elles reposent sur des faits concrets ou sur un ressenti, ces craintes sont toujours valides et méritent considération. Des expériences passées ou anticipées de discrimination peuvent également contribuer à ces craintes et réduire la confiance des personnes proches aidantes envers le système public et les interventions. Cela peut limiter la recherche d’aide ou les mener à renoncer à l’usage de services, même en situation de besoin.
Le fonctionnement du système de santé et de services sociaux peut aussi être méconnu, ce qui peut amener une impression de manque de transparence. De manière générale, si de nombreuses personnes ont une bonne expérience du système public, d’autres en gardent un souvenir plus difficile, et il importe de ne pas minimiser ce vécu.
| Elles ont parfois le sentiment : | Pour établir une relation durable, elles souhaitent : |
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Perceptions des personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires et besoins vis-à-vis de l’interaction avec le réseau public
Quelques pistes d’actions possibles :
- Reconnaître sa position : Être conscient·e que les professionnel·le·s peuvent être perçu·e·s comme les représentant·e·s d’un système plus large, parfois associé à des expériences négatives. Il peut être nécessaire de rappeler explicitement l’absence de communication entre les services de santé et les autorités d’immigration afin de dissiper les craintes qui pourraient freiner la demande d’aide.
- Clarifier le cadre des interventions dès le départ : Expliquer les règles de confidentialité en vigueur dans le réseau et dans votre organisation. Notamment ce qui peut être partagé et avec qui, et les limites liées au devoir de divulgation.
- Protéger les informations partagées : Vérifier avec la personne quelles informations peuvent être transmises aux autres membres de l’équipe.
- Cette pratique simple renforce la confiance et évite les bris de confidentialité involontaires.
- Anticiper les situations délicates : Nommer d’emblée les contextes où la confidentialité peut être mise à l’épreuve et agir avec transparence lorsqu’ils surviennent.
Accès différencié aux services selon les statuts
Plusieurs lois accordent des droits aux personnes proches aidantes, notamment au niveau de l’accès à des services de soutien ou des prestations financières, mais l’accès à certains services peut varier en fonction des statuts migratoires.
Il est donc primordial de comprendre que les personnes dépendent parfois de l’aide étroite des intervenant·e·s pour accéder à des services habituellement difficilement accessibles ou pour trouver des alternatives lorsqu’elles n’y sont pas admissibles.
Considérations pour l’intervention
- Reconnaître que les besoins, les couvertures médicales et ressources varient selon le statut migratoire, la durée de présence au pays et l’appartenance à un groupe minoritaire
- Préciser les raisons qui poussent à aborder ces sujets. Mentionner explicitement à la personne que les questions ne sont pas posées à des fins de contrôle et de vérification
- Poser des questions avec tact et sans stigmatisation pour comprendre la réalité de la personne.
- Par exemple, privilégier la question de la couverture médicale et de l’admissibilité aux services plutôt que celle du statut migratoire, et se demander si cette information est réellement nécessaire
- Proposer des services appropriés et accessibles, car des offres inadaptées ou des refus de services peuvent être décourageants
- Être conscient·e que la législation et les critères d’admissibilité peuvent évoluer et que les ententes, parfois fragiles, peuvent être révoquées rapidement
Certaines personnes proches aidantes peuvent souhaiter que leur statut migratoire reste confidentiel.
Il est essentiel de respecter ce souhait sans questionnement ni insistance supplémentaire, de ne pas consigner ces informations sans consentement explicite et d’éviter tout partage, même involontaire, au sein de l’équipe ou avec d’autres services.
Pour aller plus loin
Il est important de connaître les ressources externes qui ont l’expertise et peuvent aider à se tenir à jour concernant la législation et les critères d’admissibilité.
En cas de doute ou de questionnements, ne pas hésiter à les consulter, notamment :
- Samson, M-E., Le Gall, J., Pinchinat Jean-Charles, K., … et Johnson-Lafleur, J. (2024). Les expériences de personnes appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire qui prennent soin d’un·e proche au Québec. Institut universitaire SHERPA. Consulter.
- El amraoui, A., Pinchinat Jean-Charles, K., Paiement-Nadeau, L-I, et Guindon, A. (2025). La navigation par les pair·e·s : un modèle d’accompagnement novateur pour mieux soutenir les personnes proches aidantes appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire (PAGEMA). Institut universitaire SHERPA.
- Le Gall, J., et coll. (2023-2026). Être proche aidant quand on est un homme immigrant ou descendant de migrants. Quelles réalités, quels défis et quels besoins? Action concertée financée par les Fonds de recherche du Québec et le ministère de la Santé et des Services sociaux. Consulter.
- CERDA (2019). Trousse d’outils pour soutenir l’intervention auprès de demandeurs d’asile. CERDA. Consulter.
- Dufour, A., Cleveland, J., & Hanley, J. (2024. Accès aux soins pour les personnes en demande d’asile et migrantes sans assurance médicale : les barrières systémiques et opportunités [Webinaire]. Institut universitaire SHERPA. Consulter.
Faciliter l’accès aux services
Quelques rappels
Les personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires, incluant celles qui sont immigrantes, rencontrent statistiquement plus d’obstacles dans l’accès aux services que la population générale.
- Naviguer dans le système peut être complexe : cela exige un certain niveau de littératie numérique pour comprendre les démarches, les établissements et les différentes plateformes (rendez-vous en ligne, formulaires, etc.)
- Les sources d’information utilisées par les personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires diffèrent souvent de celles des personnes proches aidantes de la majorité
- Les personnes racisées sont deux fois plus nombreuses que les personnes non racisées à consacrer trois heures ou plus par semaine à chercher du soutien et à naviguer dans le système
- Des barrières linguistiques peuvent s’ajouter et complexifier l’accès à l’information et aux services
Certaines conditions peuvent contribuer à alléger la charge des personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires et à prévenir leur épuisement. En revanche, en l’absence de ces conditions, ou en présence de barrières systémiques et relationnelles, leur accès aux services peut devenir encore plus complexe.
Bonnes pratiques
Il est essentiel de fournir des informations claires sur :
- Les droits des personnes proches aidantes
- Vous pouvez leur faire connaître des ressources qui vulgarisent les droits des personnes proches aidantes (Éducaloi).
- Utiliser des ressources pour soutenir l’accès à l’information dans un contexte de diversité linguistique
- Pour plus d’informations, consulter les ressources multilingues disponibles.
- Encourager les personnes à poser des questions et à demander des clarifications pour renforcer leur autonomie dans le système
- Informer de l’existence du Commissariat aux plaintes et à la qualité des services comme mécanisme accessible en cas de difficultés ou d’insatisfaction
Pour un référencement réussi :
- Vérifier si des exigences liées au statut migratoire peuvent constituer une condition d’admissibilité au service
- Vérifier la langue des services et la disponibilité d’un·e interprète si nécessaire
- S’informer des horaires et des modalités des services et tenir compte des besoins spécifiques de la personne
- Inviter la personne à identifier elle-même ses priorités parmi les démarches possibles
- Ne pas surcharger la personne de références en une seule rencontre
- Si c’est une première expérience avec ce type de service, prendre le temps d’en expliquer clairement les objectifs et les limites afin d’éviter tout malentendu
- Assurer un suivi pour vérifier si la personne a pu accéder au service et ajuster l’orientation au besoin
- Noter les ressources qui ont bien fonctionné pour de futurs référencements similaires
Considérant la complexité que peut représenter la navigation dans le RSSS et les différents services, l’accompagnement offert aux personnes proches aidantes, particulièrement celles qui sont immigrantes, doit viser leur autonomisation.
Il est important d’adopter une approche d’accompagnement graduelle, qui permet à la personne de développer ses repères et sa confiance au fil du temps :
- Accompagner concrètement : Offrir un accompagnement pour remplir des formulaires, naviguer sur des portails ou comprendre des lettres officielles, surtout lorsqu’il s’agit de la première interaction avec un service
- Privilégier le contact humain : Avant de diriger vers des plateformes numériques, favoriser l’appel ou la rencontre en personne selon les préférences et les capacités de la personne
- Miser sur les partenariats : Collaborer avec des organismes communautaires, des médiateurs culturels ou des pairs navigateurs·trices pour renforcer et prolonger l’accompagnement offert
- Réduire l’incertitude : Expliquer les délais habituels et les étapes clés des démarches puisque ne pas savoir à quoi s’attendre est souvent source d’anxiété pour les personnes proches aidantes
- Vulgariser et illustrer : Utiliser un langage simple, des exemples concrets et des scénarios pour rendre les démarches et les services accessibles et compréhensibles
- Encourager la conservation des documents : Suggérer de conserver des copies des documents importants et de noter les informations clés pour documenter les démarches entreprises afin d’éviter d’avoir à recommencer
- S’appuyer sur des outils existants : Utiliser des documents téléchargeables ou des ressources en ligne pour assurer la pérennité de l’information transmise.
- Par exemple, le Guide des soins de santé pour les nouveaux arrivants présente les différentes ressources en santé et services sociaux et communautaires disponibles et comment y accéder (Source : CANA)
- La trousse Info bien-être, disponible dans plusieurs langues, a pour objectif d’informer et de sensibiliser les personnes immigrantes et réfugiées quant aux défis pouvant être vécus durant le processus de migration, de même qu’aux enjeux de santé mentale pouvant en découler.
El amraoui, A., Pinchinat Jean-Charles, K., Paiement-Nadeau, L-I, et Guindon, A. (2025). La navigation par les pair·e·s : un modèle d’accompagnement novateur pour mieux soutenir les personnes proches aidantes appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire (PAGEMA). Institut universitaire SHERPA. Consulter.
Société canadienne de pédiatrie (2026). Se débrouiller dans le système de santé. Les soins aux enfants néo-canadiens. Consulter.
Ajuster l’évaluation des besoins aux différentes réalités
Il n’est pas toujours facile pour les personnes proches aidantes de groupes ethnoculturels minoritaires de nommer leurs besoins, puisque leur attention est souvent tournée vers ceux de la personne aidée.
Mais même lorsque les besoins ne sont pas exprimés clairement, il est possible, et essentiel, d’accompagner ces personnes afin qu’elles puissent progressivement identifier, prioriser et verbaliser leurs besoins. Une réévaluation régulière est aussi nécessaire pour tenir compte de l’évolution de la situation de proche aidance.
Les obstacles à l’expression des besoins
- La difficulté à distinguer ses propres besoins de ceux de la personne aidée, car les deux sont souvent confondus ou hiérarchisés au détriment de la personne proche aidante
- Une tendance à solliciter de l’aide tardivement, soit en situation de crise, plutôt que de recourir à des services préventifs
- Un sentiment de reconnaissance envers le système de soins de santé du Québec, parfois comparé favorablement à celui du pays d’origine, qui peut freiner l’expression des besoins et amener la personne à se satisfaire de peu
- La méconnaissance des services disponibles ou des obstacles concrets à leur accès (langue, admissibilité, démarches administratives, délais)
- Le manque de recul sur sa propre situation, faute de temps, d’espace ou de soutien pour y réfléchir
Bonnes pratiques

Un exemple d’adaptation
Utiliser des outils peut faciliter l’évaluation des besoins des personnes proches aidantes. Par contre, les outils traditionnels d’évaluation ne reflètent pas toujours les besoins spécifiques des personnes issues de groupes ethnoculturels minoritaires.
Si des outils standardisés sont utilisés, il est essentiel de les adapter pour tenir compte des facteurs propres à ces personnes proches aidantes, tels que les facteurs socio-identitaires, les parcours migratoires ou expériences minoritaires, les contextes de vie ou encore les croyances ou besoins spirituels.
Questionnaire d’évaluation des besoins des personnes proches aidantes en clinique de premiers épisodes psychotiques (PEP)
Quand est-il devenu indispensable de revoir les outils cliniques pour mieux rejoindre les jeunes et leurs familles issus de communautés diversifiées? (source : AQRP)
Élaboré par la Clinique JAP du CHUM en collaboration avec des acteurs terrain et des personnes concernées, ce questionnaire d’évaluation des besoins est un bon exemple d’adaptation qui prend en compte la diversité des expériences des personnes proches aidantes.
Il permet aux équipes de mieux connaître les personnes proches aidantes suivies en clinique PEP et d’adapter les services à leur réalité : appartenances culturelles et religieuses, statut migratoire, langue, genre, orientation sexuelle, conditions matérielles, âge, handicaps, etc.
Bien qu’élaboré dans ce contexte spécifique, le questionnaire peut servir de point de départ et pourrait être adapté à d’autres milieux et clientèles.
Accéder au questionnaire (disponible en français, anglais et en espagnol)
Pour chaque dimension, différents éléments peuvent être explorés selon le contexte, les besoins et le rythme de la personne proche aidante.
- Avant de tirer des conclusions ou d’attribuer des traits culturels, il faut d’abord s’intéresser au parcours et aux perceptions de la personne.
- Sans relation de confiance, certaines questions peuvent sembler intrusives ou agressives. Il faut aussi expliquer pourquoi ces questions sont posées et ne pas insister si jamais vous percevez une résistance.
- Devoir répéter son histoire peut être éprouvant, particulièrement lorsque cela touche des éléments personnels ou liés au parcours migratoire.
- Avec le consentement de la personne, consignez les informations pertinentes au dossier ou informez-en vos collègues afin d’assurer une continuité respectueuse entre les intervenant·e·s.
Pistes à explorer
Ouverture : Chaque personne développe, au fil de son parcours, des forces et des habiletés pour composer avec les défis de la vie, en lien avec son identité et son bagage culturel. J’aimerais mieux comprendre ce qui est important pour vous en termes de valeurs ou de manières d’être relativement à votre rôle de personne proche aidante.
- Est-ce qu’il y a des valeurs importantes pour vous qui influencent votre façon de prendre soin de votre proche?
- [pour les personnes immigrantes] Est-ce que cela a évolué depuis votre arrivée au Québec?
- Qu’est-ce qui vous aide à traverser les moments difficiles liés à la proche aidance?
- De quels aspects de vous-même ou de votre parcours êtes-vous particulièrement fier·ère?
- [pour les personnes immigrantes] Vous m’avez mentionné que certaines étapes de votre parcours (par exemple l’intégration à un nouvel environnement, à un emploi ou à un système de services) ont été difficiles. Pouvez-vous me donner un exemple d’un défi que vous avez réussi à surmonter?
- [pour les personnes immigrantes] Est-ce que certains éléments liés à votre parcours migratoire sont encore difficiles et influencent votre capacité à prendre soin de votre proche ou de vous-même?
Ouverture : Le rôle de personne proche aidante s’inscrit souvent dans un réseau de relations familiales, amicales ou communautaires qui peuvent être à la fois des sources de soutien et de défis. J’aimerais comprendre comment votre entourage est impliqué ou pas dans ce que vous vivez.
- Qui vous aide le plus au quotidien dans votre entourage?
- Quelle est la nature de cette aide?
- Avez-vous des relations familiales ou sociales qui complexifient votre rôle?
- Comment une plus grande implication de votre entourage pourrait-elle soutenir votre bien-être ou alléger votre charge comme proche aidant·e?
- Quels types d’aide ou de soutien aimeriez-vous recevoir de votre famille ou de vos ami·e·s?
- À qui avez-vous parlé de votre rôle ou de votre expérience en proche aidance?
- En quoi ces échanges vous ont-ils aidé·e?
- Que pensent votre famille et vos ami·e·s de votre rôle?
- Comment ces personnes comprennent-elles ce que vous vivez au quotidien (impacts)?
- Qu’est-ce qui vous encouragerait, ou vous freinerait, à parler de votre expérience avec un·e proche?
- Si vous pouviez partager ce que vous vivez avec un·e proche et que cette personne réagissait de façon idéale, à quoi ressemblerait cette réaction?
- [pour les personnes immigrantes] Disposez-vous d’un réseau de soutien dans votre pays d’origine? Quel rôle joue-t-il? Vous semblez accorder une grande importance à vos liens familiaux. Si je demandais à une personne de votre entourage de vous décrire, quelles qualités ou forces mettrait-elle de l’avant?
Avant d’aborder ces questions, familiarisez-vous avec le rôle que la religion et la spiritualité peuvent jouer dans les soins.
Ouverture : Pour certaines personnes, la religion, la spiritualité ou les valeurs personnelles peuvent jouer un rôle important pour donner du sens aux épreuves et trouver du soutien. Si vous êtes à l’aise, nous pouvons en parler ensemble.
- Vous identifiez-vous à une tradition spirituelle, religieuse ou morale? Si oui, souhaitez-vous m’en parler?
- Est-ce que certaines croyances, valeurs ou pratiques spirituelles vous aident à faire face aux défis de la proche aidance? De quelle manière?
- Y a-t-il des moments où vos croyances ou valeurs ont été mises à l’épreuve dans votre rôle de proche aidance?
- Vers quelles ressources spirituelles, religieuses ou communautaires votre famille se tourne-t-elle dans les périodes difficiles?
- Est-ce aidant pour vous?
- Existe-t-il des pratiques individuelles ou collectives qui vous apportent du réconfort ou du soutien (p. ex. la prière, la méditation, des rituels, des rassemblements)?
- Y a-t-il une personne significative (leader spirituel·le, enseignant·e, membre de la communauté) avec qui vous avez pu parler de votre rôle de personne proche aidante?
- En quoi ces échanges vous ont-ils soutenu·e?
- Souhaiteriez-vous être mis·e en relation avec des ressources spirituelles, religieuses ou culturelles qui pourraient vous accompagner ou vous apporter du soutien?
Ouverture : Beaucoup de personnes vivent des défis importants lorsqu’elles quittent leur pays, que ce soit pour chercher de meilleures conditions de vie ou parce qu’elles y sont contraintes. J’aimerais prendre un moment pour mieux comprendre votre expérience et votre réalité.
- Vous m’avez dit que vous êtes arrivé·e il y a X ans au Québec. Parlez-moi des expériences, croyances ou valeurs qui vous ont aidé·e à vous adapter ou surmonter des moments plus difficiles depuis votre arrivée.
- Quelles activités vous aident à garder un lien avec votre pays d’origine?
- Immigrer demande beaucoup de courage et de ressources. Quel soutien avez-vous reçu pour vous établir au Québec?
- Quels sont vos espoirs et projets, pour vous et votre famille, dans les années à venir?
- Comment votre expérience de migration a-t-elle influencé votre expérience de soutien auprès de votre proche?
- Cette influence est-elle plutôt positive ou négative?
- Comment votre situation de proche aidance a-t-elle impacté votre processus d’intégration au Québec?
- Comment avez-vous surmonté les obstacles pour obtenir l’aide dont vous aviez besoin?
- Avez-vous des besoins spécifiques en lien avec votre parcours migratoire ou votre intégration?
- Qu’est-ce qui sera différent chez vous lorsque vous aurez reçu l’aide dont vous avez besoin?

